Traduction du guide complet de rechargement Sharpe

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Re: Traduction du guide complet de rechargement Sharpe

Messagepar GMCCCKW352 » 15 Jan 2018 18:11

Toutes les lampes à souder n'avaient pas de pompes. Sur certaines, une fois allumée, c'est la chaleur de la flamme qui était censée chauffer assez le réservoir pour entretenir la pression...

Enfin, revenons-en aux traduction. Non, ce n'est pas un nouvel extrait, mais j'aimerai revenir sur le morceau sur le polissage de l'intérieur du moule et les réflexions postées par certains à la suite.

L'un d'entre vous a dit que dans l'industrie du moulage, on utilisait un liquide noire, sans doute à base de graphite, pour faciliter le démoulage. C'est en effet parfaitement exact. J'avais effectué, il y a quelques temps, des recherches sur internet pour voir où l'on pouvait se procurer du graphite coloïdale. Et c'est effectivement vendu comme fourniture dans l'industrie des moules.

En ce qui concerne le polissage en lui-même, je sais que certains fignolent le poli de l'intérieur de leurs canons. Il y a quelques sujets sur ce thème dans le forum. Or, je me suis rappelé avoir lu dans des ouvrages bien informés que, dans l'industrie automobile, on enduisait les pistons de graisse graphité pour faciliter les premiers instants du rodage. Je ne sais pas si cela se pratique encore, mais ça se faisait en tout cas toujours dans les années 80. De plus, toujours dans des ouvrages spécialisés, il est indiqué que le rodage des moteurs effectué avec de l'huile graphité était celui qui donnait le meilleur poli aux pièces.
Je me demande donc si, pour finir le poli de l'intérieur d'un canon, il ne sera pas mieux, en terme de résultat, et plus simple de tirer simplement dedans uniquement des cartouches avec du graphite colloïdale dans le lubrifiant des projectiles, jusqu'à ce que le poli de l'âme soit terminé.
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Re: Traduction du guide complet de rechargement Sharpe

Messagepar Mousquetaire » 15 Jan 2018 18:24

GMCCCKW352 a écrit:.... moulage, on utilisait un liquide noire, sans doute à base de graphite, pour faciliter le démoulage. C'est en effet parfaitement exact. J'avais effectué, il y a quelques temps, des recherches sur internet pour voir où l'on pouvait se procurer du graphite coloïdale. Et c'est effectivement vendu comme fourniture dans l'industrie des moules...

J'utilise une bombe de graphite pour l''intérieur de mes moules acier.
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Re: Traduction du guide complet de rechargement Sharpe

Messagepar GMCCCKW352 » 18 Jan 2018 23:16

[ la suite...][légende de la photo page 71: Quelques projectiles pour revolver pour le .38 spécial montrent les variantes possibles dans les différents types et masses pour différents objectifs]


la coulée [Casting] Pour couler des projectiles, vous devez commencer dans de bonnes conditions. Il y a un équipement très précis qui est nécessaire, et le seul moyen d’obtenir de bons résultats est d’utiliser cet équipement. En premier lieu, vous avez besoin d’un creuset en fonte petit ou moyen pour fondre le plomb. Ce n’est pas très cher, on peut en acheter pour la moitié d’un dollar environ. Un petit modèle spécial pour le rechargement est fabriqué, mais n’importe quel creuset disponible dans les magasins de fournitures de plomberie donnera satisfaction. N’essayez pas d’utiliser des creusets en métal autre que la fonte [cast iron en anglais].
L’outil nécessaire suivant est une cuillère [ou louche] de coulée [appelée plus communément dans le monde du rechargement dipper ou cuillère à dipper]. C’est un objet fabriqué ou fournit par tous les fabricants de moule et qui a été standardisé depuis un demi siècle. C’est une petite cuillère de forme ovoïde ouvert sur un quart de sa périphérie pour permettre son remplissage en la plongeant [du verbe to dip, puiser, plonger, …] dans le métal fondu. La partie opposée à cette ouverture comporte une buse qui s’adapte aux orifices de remplissage des moules standardisés, constitués par le coupe-jet. N’essayez pas de remplir un moule avec une cuillère classique [comme celles d’un service de table usagé], du métal fondu sera versé à côté et le nombre de projectiles rejetés ou de coulées imparfaites sera plus coûteux que le prix d’achat d’une cuillère de coulée correcte. Bien qu’il y ai de nombreux fabricants, elles sont toutes identiques et vendues pour environ cinquante cents. Le creuset, la cuillère et le moule sont tous les équipements que le rechargeur doit acheter en plus de son support de moules avec [passage de la page 71 à la page 72] poignées appropriées pour le tenir. D’autres outils peuvent être obtenus localement.
Quand l’auteur désire faire un brin de moulage de projectiles, il choisit un soir ou un après-midi où le patron de la cuisine n’est pas là. Il est surprenant de voir combien de meilleurs résultats peuvent être obtenus quand il n’y a pas quelqu’un pour rouspéter sans cesse. Il utilise une couverture ou une épaisse serviette turque pour réceptionner les projectiles. Ils ne doivent jamais tomber sur une surface solide, car ils son très faciles à déformer quand ils sont chauds, et guère plus rigides par la suite, et ils doivent être traités avec plus de ménagement qu’une boîte d’œufs. La couverture ou la serviette doivent être disposées pour former un creux, les projectiles seront tombés sur le bord du creux et rouleront gentiment vers son centre. En pratiquant, cependant, chaque recharger acquérira certaines idées très précises sur le sujet, et ce qui est le plus efficace pour quelqu’un ne donnera pas satisfaction à un autre.
Nous disposons habituellement la serviette turque épaisse, pliée une fois, au centre de la table de la cuisine. Le creuset est placé sur un des feux à gaz de la cuisinière et la chaleur fond le plomb. La flamme est montée au maximum de sa puissance pour cela, mais une fois que le métal est correctement fondu, uni [dans le cas des alliages] et monté à la bonne température, la flamme est abaissée pour maintenir le métal fondu à la bonne température sans lui permettre de devenir trop chaud. Si le métal est chauffé trop haut, il s’oxyde rapidement et ne permet pas une coulée parfaite des projectiles.
Vient alors la question du réchauffage du moule. Il est très important que les blocs de votre moule soient à la température d’utilisation correcte. Cela peut être fais de deux façon. La première est de chauffer le moule en coulant. Il est douteux que vous ayez un projectile à moitié satisfaisant avec la première demi-douzaine de projectiles. Monter le moule à la bonne température peut nécessiter de couler deux à trois douzaines de projectiles, et c’est un travail inutile. L’auteur préfère chauffer son moule en le posant légèrement ouverte sur la gazinière à proximité du creuset pour qu’il prenne un peu de la flamme. Il est tourné très souvent et observé soigneusement. En effet, un chauffage incorrecte peut déformer provisoirement ou définitivement le moule. Il n’est pas possible de dire comment chauffer correctement le moule. Cela ne peut venir que par l’expérience.
Ne plongez jamais votre moule dans le métal en fusion [du moins quand il s’agit d’un alliage plomb-étain] pour le monter à sa température de fonctionnement. J’ai vu une belle paire de blocs totalement ruinés par ce procédé. Le moule est bien monté à la bonne température, mais les faces des blocs ont été étamés, et à la coulée, au moment du refroidissement du métal en fusion, le métal du projectile s’est soudé à l’étamage du moule, rendant toute ouverture de ce moule impossible. Il a bien été tenté de chauffer le moule pour le libérer, mais il fallait monter tellement haut pour enlever la couche d’étain que le moule s’est déformé avant d’y être arrivé.

[légende de la photo page 72: deux moules à projectiles intéressant. A gauche: le vieux Ideal obsolète pour couler différentes longueurs et masses de projectiles à fusils d’un calibre déterminé avec un seul moule. La longueur du projectile est fixée en ajustant la vis pour déplacer l’obturateur de la cavité. A droite: un vieux moule H.M. Pope avec sa double plaque obturatrice formant coupe-jet. Il était remplit par le côté pointe du projectile. C’était supposé donner des projectiles avec une base plus parfaite. [nous en avons parlé sur la traduction de livres de Paul Mathews].]

[La suite de cette partie plus tard. Rappelons que pour éviter une intoxication au plomb, et pour la paix du ménage, il vaut mieux couler ailleurs que dans la cuisine...]
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Re: Traduction du guide complet de rechargement Sharpe

Messagepar GMCCCKW352 » 17 Mai 2018 10:09

[reprise de la traduction après cette longue pause régénératrice...]


Il y a deux chose à prendre en considération quand vous coulez dans la cuisine; premièrement [et surtout!], la fureur de la chef de la maison, quand elle revient plus tôt que prévus et trouve le sol taché par les égouttures de métal; deuxièmement l’impression désagréable que l’on a reçu des égouttures de métal sur divers endroits du corps. Si les bonnes précautions sont prises, il n’y a pas de raison qu’il y ai des égouttures. [passage de la page 72 à la page 73 pendant ce paragraphe]
Quand une cuisinière à gaz est utilisée, elles ont souvent une surface émaillée [à l’époque tout le temps blanche] sous les brûleurs. Cette surface n’a pas été conçue pour résister au plomb en fusion, et là où des gouttes de plomb en fusion tombent dessus, elle prend une couleur marron particulière. Bien que cela ne rende pas la cuisinière hors d’usage, il faut se rappeler que ces tâches marrons créeront beaucoup de perturbations dans le ménage, et elles peuvent facilement être évitées en plaçant deux ou trois couches de papier journal quelconque sur le dessus de la cuisinière. Toute égoutture accidentelle tombera sur le journal, et les trois couches de papier empêcheront leur chaleur de brûler la surface de la cuisinière. Souvent, une simple couche suffit.
Cela avec la couverture ou la serviette (ou le chiffon) pliée sur laquelle les projectiles chauds seront démoulés, votre creuset, le moule et la louche (ou cuillère) à diper amenés à la température d’utilisation, vous êtes maintenant prêt à couler. Comme cela n’a pas été précédemment mentionné, la louche est chauffée à la bonne température simplement en la laissant plongée dans le creuset jusqu’à ce que le métal liquide s’écoule librement par sa buse. Vous avez maintenant besoin d’un marteau pour pouvoir manœuvrer le coupe-jet [lisez bien la suite avant de vous ruer sur n’importe quel marteau, c’est important!] parce que vous trouverez au bout d’un bref instant qu’il n’est pas très satisfaisant d’essayer de pousser le coupe-jet de façon normal avec le pouce nu [n‘essayez pas, vous allez vous brûler!]. Il est assez chaud. Certains utilisent un marteau pour le faire. Frapper un moule avec un marteau est un péché impardonnable aux yeux de l’auteur. Une maillet en bois est beaucoup plus acceptable, et comme un grand nombre de rechargeurs n’ont pas de marteaux en bois, un morceau de bois de 8 ou 10 pouces [20 à 25 cm de long à la louche] de long et de section suffisante donnera tout autant satisfaction qu’un maillet. Ainsi équipé, vous êtes prêts pour couler vos projectiles.
[je rappelle qu’il y a une méthode toute simple et plus efficace pour tourner ce coupe-jet, préconisée par Paul Mathews pour avoir des projectiles les mieux faits possible: tourner le coupe jet avec la main gantée! Avec un gant résistant à la chaleur, bien sûre, pas des gants pour faire la vaisselle!].

[la suite plus tard, je commence à avoir le cerveau qui bout…]
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Re: Traduction du guide complet de rechargement Sharpe

Messagepar GMCCCKW352 » 18 Mai 2018 18:19

Le mode opératoire est le suivant pour un droitier, le moule est tenu de la main gauche, avec le coupe-jet fermant l’emprunte, la cuillère à dipper, remplie de métal fondu, est tenue fermement de la main droite. Le moule est positionné au dessus du creuset de tel sorte que la cavité soit dans une position horizontale [si j’interprète bien, il faut que l’axe du projectile soit à l’horizontale - ou, si vous préférez, que le plan du coupe-jet soir à la verticale]]. La buse de la cuillère est placée contre le trou du coupe-jet puis rapidement mais doucement on pivote l’ensemble moule-cuillère pour que la cuillère se retrouve au-dessus du moule. La masse du métal fondu dans la cuillère expulsera tout l’air de la cavité du moule et forcera le métal liquide à aller au fond de toutes les gorges si le moule et le métal fondu sont aux bonnes températures [on ne peut pas aller jusqu’à dire que tous les problèmes que les gens rencontrent dans la coulée des balles sont des problèmes de température, mais c’est quand même souvent le cas…]. La cuillère est maintenue en position pendant un certain temps - généralement 2 ou 3 secondes [pour les balles Minié de gros calibre, ça peut être plus long…] - puis, tout en les maintenant en contact, pivoter à nouveau l’ensemble cuillère-moule pour que la cavité du moule se retrouve à l’horizontale [ou le plan du coupe-jet à la verticale]. Dans le mouvement, séparer a cuillère du moule et la plonger dans le creuset. Un opérateur expérimenté laissera une petite flaque de métal remplissant presque complètement le trou du coupe-jet, sans faire d’égouttures de métal par débordement sur les flancs du moule. De tels débordements font quelque peu désordonnés mais cela n’implique pas la mise au rebut du projectile. On peut facilement en faire l’économie, bien sure; mais cette sorte de péripéties dans le coulage des projectiles sont du même genre que les pertes d’amorces et de poudres lors des opérations de rechargement.
Le moule est pivoté encore une fois pour positionner le coupe-jet de façon commode, puis ledit coupe-jet est frappé intelligemment avec le maillet ou le morceau de bois pour couper le jet de métal. Cette opération est très simple [plutôt que la faire en frappant, il vaut mieux la faire en douceur avec une main gantée…]. Plusieurs rechargeurs recommandent que cette opération soit faite de tel sorte que le jet tombe dans le creuset au cours de l’opération. C’est peut-être une bonne chose pour un opérateur expriment, mais un débutant ne doit pas le faire. Le plomb froid n’éclabousse pas, mais le plomb chaud est très piègeux, surtout quand on fait tomber sans précaution un morceau de métal solide d’un certain poids dans le creuset. Une éclaboussure sur les mains ou les vêtements de l’opérateur le guérira définitivement de son imprudence.

[la suite plus tard, je commence à avoir le cerveau qui bout…]
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Re: Traduction du guide complet de rechargement Sharpe

Messagepar GMCCCKW352 » 31 Mai 2018 18:58

[reprise]
La méthode la plus simple est d’utiliser une petite boîte en bois ou en fer blanc - même du carton épais fera l’affaire - et faire tomber le jet de plomb dedans. Quand une quantité suffisante de rebut de plomb a été accumulée et qu’il est nécessaire de regarnir le creuset en plomb, ces rebuts peuvent être ajoutés très conventionnellement, en même temps que tout projectile qui aurait été mit au rebut car défectueux.
Votre projectile n’a besoin que de quelques secondes pour être formé dans le moule. Ne le laissez pas dedans trop longtemps, sinon ce projectile comme le moule se refroidiront, ce qui les fera adhérer l’un à l’autre dans une certaine mesure, ce qui représente, au mieux, un gros inconvénient.
L’opérateur doit placer rapidement son moule au dessus de la couverture (ou autre) réceptrice, l’ouvrir aussi près qu’il le peut de ce tissus, et faire tomber dessus le projectile.
Une couverture ou une serviette sur une surface plane est très pratique, et bien que beaucoup d’opérateurs préfèrent un dispositif en creux pour que les projectiles roulent en son centre, je ne le recommande pas. Avec une surface plane, vous pouvez choisir l’endroit de cette surface où larguer le projectile, de tel sorte qu’il n’entre pas en contact avec ses prédécesseurs. Au fur et à mesure que la coulée progresse et que la couverture se couvre de projectiles refroidis, ces derniers peuvent être roulés doucement avec le bout des doigts pour les regrouper à un endroit afin de libérer la surface pour la suite de la coulée. Vous trouverez aussi qu’un maillet de bois ou morceau de bois est très pratique pour refermer le coupe-jet. [passage de la page 73 à la page 74]
Une vieille cuillère métallique ou même une cuillère à thé ordinaire convient pour les coucher sur cette serviette. Si quand vous démoulez un projectile vous remarquez ne serait-ce qu’un défaut, rebutez-le tout de suite. Il sera trop chaud pour être prit avec les doigts mais peut être saisi facilement par la cuillère pour être mise dans la boîte à rebut avec les jets de plomb. Cela simplifiera grandement votre inspection des projectiles finis.
Une fois que le projectile est démoulé du moule, recommencez tout de suite au coulage pour le projectile suivant; autrement, le moule refroidira trop, ce qui donnera un projectile défectueux à la prochaine coulée. Certains projectiles se démouleront tout seul, sans intervention de la part de l’opérateur. D’autres refuseront de se démouler sous leur propre masse. Dans le cas où les projectiles restent collés systématiquement dans l’un des blocs du moule, examinez très soigneusement le bloc en question pour voir si une quelconque bavure d’usinage n’a pas été oubliée. Si il y a la plus légère bavure ou dentelure causée par tout corps étranger venu en contact avec l’emprunte du moule, vos projectiles adhéreront plus ou moins, et effacer ces défauts de surface du moule est un travail extrêmement fin. La meilleur méthode est l’opération de polissage décrite précédemment. Ne JAMAIS, quoi qu’il arrive, enlever un projectile de son moule avec un objet tranchant ou pointue [même mot en anglais pour ces deux caractéristiques pourtant différentes… sharp]. Il n’y a pas plus sûre moyen d’endommager le moule irrémédiablement. Prenez votre temps pour couler, la vitesse viendra avec l’expérience. La précipitation n’est jamais récompensée.
[la suite plus tard, je commence à avoir faim…]
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